Scène de rue
Publié le 22 mars 2006 dans Humeur |
Lundi 14h00, comme tous les lundis et comme tous les jours de la semaine, je quitte mon domicile pour aller travailler. Le privilège de travailler à seulement 200m de la maison c’est que l’on peut rentrer tous les midis chez soit, j’apprécie ! Mais bref le sujet n’est pas là . Donc comme tous les midis je sors de chez moi et comme tous les midis ou presque un gars est là sur la marche de l’immeuble à faire la manche.
C’est comme une tradition, le bon coin que l’on se refile. Depuis 7 ans dès que le lieu est abandonné il est repris rapidement par un autre. On a eu de tout, du vieux SDF qui se délabre de jour en jour mais vous aide à porter les cartons bien conscient qu’il est un peu pénible devant votre porte au jeune con avec son gros chien et téléphone portable qui fait la manche à heure fixe (14h00 - 17h00 de préférence et le soir quand il fait bon).
Depuis bien longtemps ce dernier type a chassé le premier et on y a perdu. Des fois ils se rassemblent à 4 ou 5 et ne s’étonnent pas même pas de gêner. Au bout d’un moment vous finissez par leur dire bonjour de temps en temps, même si vous devez les enjamber et détacher les chiens de la porte pour rentrer chez vous. C’est devenu comme un voisin. Certes, la nuit lui et/ou ses copains gueulent comme des putois, tapent leurs chiens, s’ennivrent, mais tant qu’ils ne vous disent rien ça va !
Sauf que ce lundi 14h le “jeune a téléphone portable qui fait la manche à heure fixe avec son gros chien” a dérogé à la règle. Je ne lui dis pas bonjour, alors je manque de respect à ce “monsieur”. Certes il ne le dit pas en face, il attend que je fasse quelque mètres pour le balancer dans le dos, ce n’est pas le premier. Sauf que là j’ai entendu, et que j’ai fait demi-tour. Je lui ai fait savoir que je n’avais pas envie de le voir tous les jours ici, que lui et ses copains devraient trouver un autre coin de rue pour nous faire des vacances, qu’il emmerde beaucoup de monde même si peu ose lui dire, que j’en ai marre qu’il me demande la pièce 4 à 6 fois par jour. Bien sûr la réponse était comme écrite et récitée : “la rue est à tout le monde, je n’ai qu’à appeller les flics, je suis un PD“. Il sait maintenant que je ne lui dirais plus bonjour, que ça m’emmerde de devoir les enjamber pour rentrer chez moi, que si la rue est à tous elle n’est pas un lieu de non droit.
A force de les voir depuis 7 ans devant la porte, de les enjamber pour rentrer, à force de les entendre brailler les nuits, de se battre à 2h du matin, on les a même vu se battre avec des planches de bois, mon côté en moi qui les tolérait sans rien dire est en train de disparaître. Alors je vois ceux qui vont venir ici, me traîter de facho et d’intolérant, que je n’ai rien compris à la jeunesse qui n’a rien d’autre pour vivre que de mendier dans la rue. Parlez, parlez, mais des comportements comme celui-ci deviennent si fréquents que bon nombre de personnes silencieuses commencent à changer de comportements. Et je préfère le dire, pour moi non plus ce n’est pas facile tous les jours.
Au passage pour éviter que la Place de Jaude ne devienne infréquentable comme elle l’était avant les travaux et que les fontaines ne servent de baignoire, cinq policiers seront postés dessus bientôt.

on compatis! Que peut on faire de plus ? C’est un des abcés de fixation de notre société.
La précarité a crée ce type de société et, si j’osai , de fraternité,qui vit en autarcie avec ses propres lois sociales et économiques et rejette les notres.
Sévir ? Cela ne résolverait pas le pb et déclencherait les foudres des bien-pensants (et de ceux qui sont le plus à l’abri de ce genre de situation). La solution immédiate passe par plus de pouvoir et d’action des autorités et de l’état et ce n’est pas réjouissant!
la seule solution efficace , à mon avis, passe par la dynamisation de l’économie et une profonde réflexion collective sur le civisme.
c’est pas gagné !
Commentaire par jnd — 25 mars 2006 @ 8:47
Ce que dit jnd est exact : dynamisation de l’économie est l’une des clés. Mais que dire du civisme, alors que ce sont parmi les générations précédentes qu’il s’est perdu et même qu’il a été combattu ! Chez ceux qui ont l’âge d’être les grands-parents ou les arrière-grands-parents de ces jeunes !
De plus, ce que l’on entend à propos de ces jeunes n’est pas forcément exact : ils ne rejettent pas la société, mais ils en ont l’air. Tout simplement parce qu’ils ont fui des situations familiales quelquefois pénibles, et que se retrouver sans ressources dans la nature les amène à adopter une attitude qui n’est pas un mode de vie mais de survie.
Ce qui est sûr, c’est que les récupérateurs gauchistes les incitent à demeurer dans la misère !
Commentaire par MT — 25 mars 2006 @ 14:40
Mouais, gauche, droite, des clochards, il y en a toujours eu, cette solution ne me plaît guère, mais à part une réinsertion forcée (et je ne sais pas comment!), il n’y a pas bien de solution, alors, répression?????
Une politique anti-clochards (genre arrêtés anti mendicité), ou les enfermer parcequ’ils se regroupent au bas d’un immeuble, sur le fondement d’une des trop nombreuses lois sarkozy????
Pas très sympa!
Les forcer à se former? Je ne vois pas comment au point de vue du droit…
C’est vraiment une impasse ennuyeuse, à part la répression que je désaprouve, je ne vois pas de solution, poutant, j’apprécierais que cela cesse!
Commentaire par DD — 9 juillet 2006 @ 17:46
Chaud le facho
Commentaire par Mika_Salaud — 28 juin 2007 @ 10:54